Santé30/09/20263 min de lecture

Myopathie atypique : les bons réflexes quand les érables perdent leurs graines

L'automne est la saison des samares d'érable sycomore, toxiques pour le cheval. Voici comment repérer les arbres à risque et adapter le pâturage pour protéger votre cheval.

Myopathie atypique : les bons réflexes quand les érables perdent leurs graines

Avec l'automne, les prés se couvrent de feuilles et de petites graines ailées qui tournoient au vent. Parmi elles, les samares de certains érables méritent toute votre attention : elles sont à l'origine de la myopathie atypique, une maladie grave du cheval. La bonne nouvelle, c'est qu'une gestion attentive du pâturage réduit fortement le risque.

Une maladie liée à certains érables

La myopathie atypique est une intoxication. Elle provient d'une molécule toxique, l'hypoglycine A, présente chez certains érables, en particulier l'érable sycomore et l'érable négundo, deux espèces bien présentes en France.

La toxine se trouve dans les samares (les graines ailées) et dans les jeunes pousses qui en germent. Le cheval s'intoxique en les ingérant au pré. Des toxines peuvent aussi passer dans l'eau des abreuvoirs et être retrouvées dans le foin.

Rassurez-vous, tous les arbres ne sont pas concernés : l'érable plane n'est pas toxique, et le frêne commun, qui produit lui aussi des samares, est inoffensif. Savoir reconnaître un érable sycomore près de vos parcelles est donc un premier pas précieux.

Deux saisons à surveiller

Le risque suit le cycle de l'arbre :

  • à l'automne, les samares tombent et s'accumulent au sol ;
  • au printemps, elles germent et donnent des plantules.

Les cas se concentrent surtout entre la fin de l'été et la fin de l'année. Les épisodes de pluie et de vent fort favorisent l'accumulation de samares dans les prés. Et le vent peut les emporter loin : en temps normal, elles retombent dans un rayon d'environ 100 mètres autour de l'arbre, mais un vent soutenu peut les transporter à plusieurs centaines de mètres. Un pré sans érable peut donc recevoir des graines venues d'un arbre voisin.

Pourquoi c'est sérieux

La maladie détruit les muscles qui permettent au cheval de se tenir debout et de respirer, ainsi que le muscle cardiaque. Elle se manifeste par une faiblesse musculaire généralisée. L'IFCE indique qu'elle est fatale dans 75 % des cas. Au moindre doute, appelez votre vétérinaire sans attendre.

Les gestes qui protègent votre cheval

Les recommandations relayées par l'IFCE sont simples à mettre en place :

  • Limitez le temps au pré : un pâturage de moins de 6 heures par jour divise le risque par cinq pendant la saison à risque.
  • Observez votre cheval chaque jour : une surveillance quotidienne divise le risque par deux.
  • Apportez du fourrage : quand l'herbe se fait rare, le cheval est tenté de manger ce qu'il trouve au sol. Du foin à disposition et une complémentation adaptée à l'herbe disponible l'en détournent.
  • Soignez l'eau : nettoyez régulièrement les abreuvoirs, surtout s'ils sont situés sous ou près d'un érable.
  • Créez des barrières : haies, filets ou bâtiments limitent l'arrivée des samares dans les parcelles.
  • Entretenez le couvert : au printemps, éliminez les plantules d'érable qui apparaissent dans les prés.

Un petit tour des parcelles pour repérer les érables sycomores alentour vous aidera à choisir les prés les plus sûrs pour l'automne. Avec ces quelques ajustements, votre cheval peut continuer à profiter de l'herbe en toute sérénité.

Sources

A

Augosol

30/09/2026

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